Démarche
Le dessin est pour moi un acte “facile”, j’ai besoin d’aller plus loin pour y trouver de l’intérêt. Pour moi, un dessin restera à jamais plat, statique, inerte. J’ai besoin de mouvement, de relief. Alors j’ai essayé la découpe au scalpel. Le papier n’est plus seulement un simple support, il devient œuvre, il EST le sujet.
Dans mes réalisations, je me rends compte que ce qui est important pour moi, c’est le contraste. Il faut que ça tranche, il n’y a pas de nuance possible. J’évite bien souvent la couleur, la peinture, cela dilue le message à transmettre. Nous vivons dans une époque où le sens même des mots est édulcoré, dilué, minimisé. J’aspire à aller à l’encontre de cette tendance, à rediriger le regard vers la richesse du sens de notre langage. C’est pour cela qu’il est important pour moi de travailler avec le noir et le blanc. La technique du papier découpé au scalpel ne laisse aucune place à l’indécision, à la nuance, à l’estompe. Tout doit être net, réfléchi, arrêté et maitrisé.
Bien que l’idée première est de proposer des œuvres le plus contrastées possible, tranchantes et incisives, il m’est néanmoins impossible de réaliser des créations trop anguleuses, trop géométriques, trop droites. Tel l’esprit humain, j’ai besoin de cheminer, de revenir sur mes pas, d’être constamment en mouvement pour me sentir vivante. Cela se traduit dans mes créations par les ondulations de mes lignes, par ces fils de papiers que l’on croit s’enrouler entre eux, pour rappeler que rien n’est simple, que tout objectif nécessite des réajustements, de louvoyer, de s’adapter, d’avancer.
La Femme. S’il y a un bien un être au monde qui symbolise l’adaptation, le louvoiement, la résilience, ce serait elle. La Femme fascine par ses courbes, la Femme surprend par sa force, intimide par sa résilience, impose le respect par ses trop nombreux combats.







